Auteur Sujet: "deuil" entre deux placements  (Lu 10570 fois)

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"deuil" entre deux placements
« le: 01 Mai 2013 à 23:13:31 »
je voudrais lancer un nouveau post pour savoir si vous avez entendu parlé du"deuil" que nous devons faire suite au départ d'un enfant et qui nous renvoie la précarité de notre métier; j'ai beaucoup de collègues anciennes qui m'en avaient parlé, et aussi de "punitions" en cas d'arrêt du placement à la demande de l'assfam.
je suis heurtée par le terme employée par la psychologue !!! nous sommes des professionnelles !un enfant ne remplace pas un autre !! jamais !! c'est une continuité dans notre métier, une nouvelle rencontre, une nouvelle histoire; j'ai des collègues qui ont dû "porté le deuil" pendant un an après un départ ou une rupture. ou une adoption!! c'est un sujet qui a toujours été tabou ici mais que j'ai soulevé l'autre jour en réunion syndicale !! et que je pense bientôt faire remonter au cg car il faut aussi qu'il faut qu'il prenne conscience des investissements financiers faits pour notre travail (agrandissement maison, achat monospace, matériel bébé,. sécurisation maison pour l'accueil de petits.) et que comme tous les professionnels, nous avons droit à un salaire qui correspond aux nombres d'agréments accordés ou à faire nos heures manquantes (pourquoi pas pour celles qui le veulent) autrement en attendant la fin du deuil !! qu'en pensez vous ?

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #1 le: 01 Mai 2013 à 23:28:12 »
J'aime pas ce mot  :huh:
Je peux pas encore en parler
À part avec la Pjj
Mais c'était différent ..

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #2 le: 02 Mai 2013 à 05:27:24 »
Je vais peut être vous énervez :embarrassed: j'ai du arrêter mon premier accueil le mois dernier et je l'ai vécu vraiment comme un deuil. L'enfant que j'accueillait est parti dans une autre famille, ce qui est souvent le cas dans notre service ( les réorientations). Je me verrais absolument pas  accueillir un enfant tout de suite. Je comprend que beaucoup peuvent être embêté a cause du salaire (moi aussi d'ailleurs), mais je préfère préserver ma santé. C selon les cas. C'était mon premier accueil aussi, peut être qu'un suivant je ne vivrais pas pareil. Je précise quand même que c une enfant que je n'ai pas du tout considéré comme ma fille. C peut être pas le deuil de perdre un enfant mais le deuil de tout le travail qu'on a pu faire, le deuil d'une vie passé même si elle était terrible, le deuil d'une amitié qu'avaient vos enfants avec l'enfant. Le mot deuil doit être pris au sens large. Bon j'espère que je ne vous ai pas énervé. :cheesy: 

Hors ligne anthu

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #3 le: 02 Mai 2013 à 06:42:08 »
beaucoup sont partis parce que réorientation c'était le but en urgence, puis du "moyen" terme (moyen car pour beaucoup accueillir des ados c'est pas du long terme car finalement c'est pour quelques années)
bref, c'est le mot deuil qui va pas car il fait penser à la mort et il faut bien plus de quelques mois pour se remettre d'un deuil
il faudrait un autre mot qui colle, mais n’empêche que cette période existe bien.
mais en meme temps plus les services traînent pour nous remettre un enfant en accueil plus cette période s'enracine, à partir du moment ou un autre accueil s'annonce ça permet de faire le "deuil" du précédent.

pour les derniers accueils que j'ai eu, la jeune fille est partie début avril 2012, l'accueil d'après c'est annoncé fin mai, et c'est à partir de ce moment là que j'ai commencé à avancé par rapport au départ de la précédente. c'est aussi qu'à partir de juillet, date de l'accueil de ma jeune actuelle, que j'ai pu accepté d'avoir de nouveau des contacts avec la précédente.

donc oui cette période existe, oui elle m'a mit dans la mouïse coté finance pourtant pas très très longue, mais oui il faut aussi qu'ils nous accompagnent, car entre le départ de ma jeune et l'arrivée de l'autre le néant total, l'isolement infernal, on existe plus, pas de contact du service, de la raf RIEN, là aussi y'a un truc à faire!!!

pour les services l'accueil se termine quand l'enfant est parti, alors que c'est faux, il y a cette période entre deux accueils, mais il y a le après, quand cette période est terminée et que quelques mois après vous avez votre jeune qui vous appelle car elle se retrouve seule.... et bien ça aussi faut gérer, faut jongler, faut prendre sur soi... et là aucun accompagnement!!!

Hors ligne Clarinette

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #4 le: 02 Mai 2013 à 07:34:05 »
Moi je n'ai vécu que des arrivées et aucun départ en quatre ans.
Ici pas de réorientation, elles restent exceptionnelles quand il y a problème avec la FA

Je pense que le mot deuil est trop fort et dérangeant....même si je reconnais cette période d'attente nécessaire pour passer à un autre accueil.
Il serait possible de le formuler autrement

En formation, cela a été traité également.
Notre formatrice qui est psychologue également nous avait dit que le terme deuil était approprié...ce que je n'ai pas voulu entendre moi qui sortait de 3 deuils de personne jeune de ma famille!!!

J'ai argumenter que ces enfants là n'étaient pas mort mais parti dans leur famille ou une autre FA, établissement etc....LA VIE CONTINUE POUR EUX! Heureusement !!!!!

La nôtre  aussi , notre vie professionnelle se poursuit...

Non, parlons d'une période d'attente entre deux accueils, attente nécessaire suivant les situations pour nous permettre de passer a un autre accueil , tout simplement...

Et j'avais aussi souligné a la formatrice que le délais de cette période d'attente entre deux accueils devait absolument rester  variable d'une assfam à une autre....

En effet, selon l'histoire vécue, l'attachement qu'il y a eu, le caractère et l'état psychologique de la FA, le délai est à ajuster!!!!

« Modifié: 02 Mai 2013 à 07:35:44 par Clarinette »

Hors ligne nounoudenfer88

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #5 le: 02 Mai 2013 à 08:30:42 »
C'est vrai qu'on utilise maintenant le mot deuil pour toutes sortes de rupture et pas seulement la mort, c'est juste une histoire de vocabulaire .

J'ai eu des départs dont notamment deux frères que j'ai gardé pendant 5 ans et demi , un avait 2 mois et l'autre 2 ans au debut du placement . C'est un retour qui s'est très bien passé, progressif et avec un bon travail du coté des parents , je n'ai absolument pas souffert , pourtant je les aimais beaucoup . Le plus jeune etait très calin avec moi , il m'appelait "sa nounoudenfer d'amour " avec des yeux à faire craquer n'importe qui . Deux fillettes sont aussi parties au bout d'un , pareil, sans larmes , mais je savais qu'elles partaient dans de bonnes conditions , c'est sans doute cela la différence .

Le seul moment triste , c'est un jour lorsque j'ai croisé, par hasard sur un parking de supermarché , le plus grand des deux garçons qui avait 7 ans et demi , il s'est mit à pleurer en me voyant , là, j'avoue, ça m'a retourné les tripes !

Il faut savoir qu'avec les enfants très jeunes, l'attachement est puissant et faut être solide pour tenir le coup , je dirais même qu'il ne faut pas être trop sentimentale sinon on y laisse des plumes . Je pense que si, moi, j'arrive à gérer cela, c'est que je suis assez dure et que ces enfants , je ne les investirai jamais comme les miens . L'un de ceux que je garde m'a demandé parfois si je l'adopterais et franchement quand j'y reflechis, je n'en ai aucune envie mais je ne lui dis pas .
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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #6 le: 02 Mai 2013 à 08:36:54 »
je suis pas sure que ça vienne de l'age des enfants accueillis,
car moi avec mes ados, j'en ai versé des larmes
mais est ce que justement, ce mal qu'on a de les voir partir des fois, n'est ce pas quand on est pas tranquille sur le après??
car si j'y réfléchis bien, c'est souvent quand on est pas rassuré que ça fait mal non??

et pour les notres enfants c'est pareil, je pense qu'on est bien moins serein quand ils partent et que rien ou peu de choses sont stables!!! oh làlà je comprends mieux ma mère aujourd'hui quand je lui faisais le coup de partir du jour au lendemain en lui disant que j'allais faire ci ou ça, elle a du en verser des larmes!!!!

moi non plus je n'adopterai pas les enfants que j'accueille... enfin ça s'est jamais présenté non plus!

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #7 le: 02 Mai 2013 à 08:55:08 »
anthu je suis d'accord avec toi sur le fait qu'on existe plus une fois la décision de réorientation a été prise. Il y a eu un délais de 4 mois avant que la jeune parte et je n'ai plus eu de nouvelle de l'éducatrice. Le jour ou la jeune est parti l'éducatrice est rentré dans ma maison, est allé directement dans la chambre pour prendre tous les bagages. Une fois que tout était dans la voiture, elle voulait directement partir, c moi qui lui est dit j'ai des choses a vous dire. les rendez vous prévus, l'orthophoniste ou la jeune va (l'éducatrice a découvert il y a 2 mois qu'elle allait chez l'ortho) etc.... C une honte, on se pli en quatre pendant des mois et des mois pour ça. la jeune a appris qu'elle partait le mercredi pour le vendredi dans une autre famille, sans l'avoir vu, plus changement d'école. Je trouve que c bien de faire vite mais a ce point.
nounou , je pense que je suis dans l'état la pas parce que j'ai pris la jeune pour ma fille ou que je suis trop sentimentale mais parce qu'elle nous en a fait bavé durant 2 ans. J ai dit que je l'ai pris comme un deuil parce que même pour le décès de mon père je me suis remise beaucoup plus vite.

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #8 le: 02 Mai 2013 à 08:57:04 »
et moi non plus je n'adopterai jamais les enfants que j'accueil (normalement il ne faut jamais dire jamais..) :smiley:

Hors ligne Clarinette

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #9 le: 02 Mai 2013 à 09:17:08 »
Souricette j'ai lu attentivement ta réponse mais il me manque des éléments..
Ce départ est voulu ou demandé par toi?
Il me semble qu'une préparation au départ plus longue est nécessaire quand même ...
Et puis, cette educ qui ne sait pas que l'enfant est suivi chez l'orthophoniste cela me laisse dubitative!
Incroyable ça

Hors ligne Bibi 22

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #10 le: 02 Mai 2013 à 09:33:55 »
Adopter ou pas peut-on affirmer qu'on le ferait ou pas ??? Tout dépend des circonstances, de l'attachement, de l'âge.......... Quoiqu'il en soit le choix est respectable.
Mais le sujet de ce post est autre.... Il y en a déjà eu d'ailleurs des posts sur ce sujet "du deuil". Personnellement c'est un mot que je n'aime pas non plus pour cette circonstance....
En 15 ans des départs j'en ai connu, pour la plupart retour en famille.... et pas de souffrance.
Pour ma tornade partie en adoption, une réelle absence, un manque, un vide.... Pareil aucun accompagnement durant cette période, un arrêt maladie d'un mois et demi (le premier et seul pendant 15 ans) un moral en berne !!!! Service absent, on n'existe plus.
Ai-je vécu "un deuil" pour autant, je réponds non, un deuil pour moi c'est autre chose c'est la mort. Savoir qu'on ne reverra jamais la personne aimée, qu'elle n'existe plus en tant que personne.... Des deuils je n'en ai connu qu'à la perte de mes parents, très douloureux pour ma mère.

Alors besoin de "faire le deuil" au départ d'un enfant ? Je pense que là aussi les choses devraient se penser au cas par cas, en fonction des ressentis, des circonstances. Mais laisser en AF faire "son deuil" sans l'accompagner, sans la soutenir me parait incroyablement maltraitant. Déjà elle a besoin d'être reconnue dans sa peine et de plus elle doit gérer son manque à gagner et attendre le bon vouloir du service pour estimer si on peut lui reconfier un enfant..... Période particulièrement délicate moralement et financièrement qui n'aide pas à aller de l'avant, dans certains cas l'accueil d'un nouvel enfant permet de tourner la page.
Là où il y a une volonté il y a un chemin....

Hors ligne dragibus

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #11 le: 02 Mai 2013 à 09:56:35 »
entièrement d'accord avec ce que tu dis bibi !! j'ai en une fois à notre demande une réorientation d'un ado en lieu de vie. il m'avait usée pendant un  an, destabilisé complètement par son irrespect, ses troubles, deux de mes fils. nous avons été soulagé de son départ mais je ne me suis sentie bien à nouveau qu'après un nouveau placement qui m'a permis de tourner la page sans tourner en rond comme un lion en cage dans la maison !! mais on ne m'avait pas parler de deuil. je suis comme toi, le seul deuil dont j'ai beaucoup souffert, c'est celui de ma Maman, partie bcp trop tôt  et dans de grandes souffrances pour elle et notre famille; Les enfants que j'accueille parte pour différentes raisons mais notre métier est une continuité.

Hors ligne nounoudenfer88

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #12 le: 02 Mai 2013 à 10:06:55 »
Oui, c'est vrai, on devrait être un peu accompagnée dans ce chemin de départ , surtout quand on ne le vit pas bien .

Ce que raconte Souricette, ça fait peur ; C'est quand même n'importe quoi de ne pas s'informer des rendez vous, du suivi , enfin de faire le lien tout simplement entre le avant(la vie chez l'ass fam)  et le suivant(le retour en famille ou autre placement )  ..... Je comprends que tu l'aies mal vecu Souricette ! Et je te remercie de ton témoignage , tu oses dire que tu as eu mal et c'est une réalité , on peut l'entendre .
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coquelicot

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #13 le: 02 Mai 2013 à 10:11:17 »
Bibi, je me souviens comme cette période était difficile pour toi!
Pas seulement la séparation, je crois que tu étais heureuse pour Tornade mais par la façon dont elle s'est faite et comme tu as été malmenée!
Difficile à accepter, inacceptable!
Normal de souffrir de l'absence de celui ou celle qui vivait avec vous, mais vous ne devriez pas souffrir d'autre chose! et je me souviens pareil pour Lili ce n'était pas le départ de ses poussins qui la faisait le plus souffrir!
Beaucoup de choses semblent se jouer dans la préparation!

Dans les deuils, c'est un peu la même chose, je trouve qu'on fait son deuil de façon différente selon comment s'est faite la "séparation". Parfois la mort s'annonce, la personne est malade, on l'accompagne doucement, on a le temps de lui dire au revoir... parfois la mort est plus ou moins brutale et inacceptable, surtout si la personne est jeune et devrait avoir la vie devant elle !!!

Moi ce que je trouve presque anormal, c'est qu'on vous impose une période de "deuil" et je me dis que si c'est imposé, il faudrait presque une compensation financière!!! Mais si des services lisent mes propos ils vont se dire "ouf, celle là on ne l'a pas embauchée"!!!

Hors ligne nounoudenfer88

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #14 le: 02 Mai 2013 à 10:14:05 »
Mais t'as raison COquelicot , si cette periode est obigatoire alors elle devrait être rémunérée, je suis bien d'accord !
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Hors ligne pixie76

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #15 le: 02 Mai 2013 à 10:39:16 »
Hum hum comment dire... Non ce n'est pas du deuil, mais c'est un manque, un vide, une douleur, une préoccupation qui n'a plus lieu d'être... Il est pris en charge très correctement par quelqu'un d'autre mais ça n'empêche pas tout cela...
L'attachement, se détacher, c'est un processus qui prend plus ou moins de temps selon les cas et les personnes.
On doit pouvoir se laisser du temps mais on doit aussi accèpter que ça soit nous qui décidions du moment où on "sent" qu'on peut de nouveau accueillir.
Le problème (si on veut) de ce métier c'est qu'il travaille avec les affects, les sentiments, et qu'on a parfois tendance à "coller" les notres sur ceux des autres... C'est ce qui arrive quand un éduc décide de vous mettre au repos quand lui même a du mal à gérer ses émotions vis à vis d'un départ.
Là aussi il ne faut pas s'isoler, et défendre son point de vue avec tact mais détermination, avec professionnalisme.  :wink:
Echanger, partager, rester dans le dialogue, ne pas ruminer et s'isoler. Pour ma part je trouve qu'il n'y a pas de mal à dire quand on a de la peine, quand on se sent fragile sur tel ou telp point.
Mais quand ça va, ça va !  :laugh:
Un peu plus loin à petits pas.

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #16 le: 02 Mai 2013 à 11:33:56 »
Le mot deuil d un point de vu définition n est pas associé qu au décès de quelqu un mais aussi associé à une notion de perte d une personne ou d une chose qui provoque de la souffrance.
Chez nous le psychologue à aussi employé ce terme lors du départ d un accueil qu on avait de puis 13 ans et auquel on a du mettre fin de façon brutal et inattendu au risque de voir notre équilibre familial éclater en morceaux.
Malgré ce qui c était passe ce départ c est passé avec beaucoup de douleur et reste encore sensible un an apres, nous avons été bien soutenu par le service mon co joint et moi pendant les premières semaines, puis l éduc a été en arrêt de maladie plus de 6 mois, du coup nous avons toute notre famille et nous du gérer seul la suite des événements. Au jour d aujourd'hui hui,je reste persuader que si l accompagnement qui avait été commencé avait été jusqu au bout il y aurait eu beaucoup moins de souffrance et une prise en charge différente de la situation au final.
Au départ de ce jeune en effet j aurai pas été disponible psychiquement pour accueillir de nouveau, la souffrance était trop présente avec un manque important, dans un premier temps impossibilité de monter dans la chambre qui est resté en état plusieurs semaines, le jeune est revenu ranger ses affaires avec moi 3 mois après! Nous n avons toujours pas repris un nouvel accueil, c est vrai que financièrement ça posait pas trop de problèmes il me restait 3 accueils. Ceci dit pendant cette période continuer à travailler avec les autres accueils dont un qui demande une grosse prise en charge m à beaucoup aide.
Ces départs sont un peu vécu comme un échec de quelques choses,et même nos conjoints ne sont pas épargnés , je dirai même que c est plus difficile pour eux,car moins de lieux ou ils peuvent en parler.

coquelicot

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #17 le: 02 Mai 2013 à 13:22:37 »
Oui tu as raison Maude, moi aussi je pensais que  ce mot était associé au décès d'une personne et utilisé de façon parfois exagérée en d'autres circonstances.
Je viens de lire la page consacré au deuil dans wikipédia, c'est très intéressant.
Les différentes étapes du deuil sont citées: le choc ou déni, la colère, le marchandage, la tristesse abattement ou dépression, l'acceptation...et aussi l'aide parfois nécessaire d'autrui, car vous êtes plusieurs à évoquer un manque d'accompagnement. Il semble qu'il soit porteur d'en parler avec d'autres qui ont vécu le "deuil" et c'est juste ce qui est en train de se passer sur ce forum!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuil

voici un extrait:

D'une manière générale, le deuil permet de surmonter un événement critique de la vie. Il est souvent associé à la mort : La mort d'une image parfaite des parents lorsque ceux-ci divorcent, la mort de la confiance en une personne, la mort d'une relation amoureuse lors d'une séparation, la mort de quelqu'un. Ce processus peut également entrer en action dans le cas où un proche perd la mémoire ou la raison.

Le deuil nécessite souvent le soutien d'autrui faisant preuve d'empathie (« empathie » signifie « comprendre la souffrance de l'autre sans se l'approprier ou sans « souffrir avec » »)


....

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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #18 le: 02 Mai 2013 à 13:31:46 »
Ben voilà un eclairage parfait de notre Coquelicot .

Moi, c'etait l'expression faire le deuil qui me choquait avant , je veux dire quand on parlait de la mort d'un proche. Je trouvais ça horrible de "faire le deuil" , comme si c'etait un truc obligatoire, inevitable ou inexorable , pour moi  , donner  un nom à cette douleur , c'etait presque  indécent ! je suppose que je n'avais pas fait mon deuil de ceux que j'avais perdu . 
Puis, avec le temps, j'ai bien compris et je trouve cette expression appropriée pour toutes les fins dont la mort .
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Re : "deuil" entre deux placements
« Réponse #19 le: 02 Mai 2013 à 13:42:17 »
clarinette, c moi qui est demandé le départ début janvier. En janvier ils lui ont expliqué qu'ils allaient cherché une famille et le reste est comme je le dis. même l'instit était étonné. la petite ma même demandé  si j'avais une photo de la nouvelle famille. Comme je l'a connais, je savais qu'elle avais un Facebook mais pas de photos d'elle, mais de c gâteaux, donc je suis allé lui montré les beaux gâteaux qu 'elle faisait. Et non elle savait plus qu'elle avait de l'ortho. L'educ est venu 8 fois chez moi en 2 ans, dont 3 fois le premier mois.