Bonjour Mirabelle,
Effectivement, nous sommes avant tout des assistantes familiales. Mais une assistante familiale doit t-elle pour autant ne plus envisager de grossesse ou une adoption sous pretexte que nous ne sommes pas recrutées pour adopter mais pour accompagner des enfants dans leur placement familial. Cela voudrait dire que nous n'avons plus le droit d'avoir d'enfants...
Au fond de nous même, pourquoi faisons nous ce métier ? Nous donnons et avons la capacité de transmettre de l'affection à des enfants qui ne sont pas les nôtres, et pourtant, ces enfants ne nous appartiendrons jamais. Nous créons des liens, fort heureusement d'ailleurs pour leur construction, dans les placements de longues durées. Et parfois, pour certains et certaines assfam, les liens sont si forts qu'ils perdurent au delà du placement. Ces mêmes liens, qui permettent aux enfants de se structurer et de grandir. Car sans affection, ces enfants s'en vont à la dérive.
Là est toute l'abiguité de notre rôle et fonction.
Pour mon cas, j'accompagne cet enfant dans son placement. Je fais mon travail, avec la petite distance qui se doit d'être, même si cela est dur pour un bébé de 20 mois.
Cette nouvelle de le rendre adoptable a été pour moi une sorte de choc psychologique. En ce sens ou il couperait tout lien avec sa famille. En y réfléchissant, il n'a aucuns liens avec sa famille. Il est à l'abandon.
Pourquoi le laisser à d'autres, alors que je peux l'adopter ?
Je n'ai pas peur qu'il recherche un jour ses parents biologiques et ses fréres et soeurs. Je crois qu'être parent, à la différence d'être assistante familiale, c'est de tout faire pour le rendre heureux et de s'en donner les moyens.
L'aimer, ce sera aussi l'accompagner dans ses recherches et l'aider psychologiquement.
Si il y a un bon accompagnement, qui dit que ça se passera mal ?
En ce qui concerne mon travail d'assistante familiale, pourquoi tout remettre en cause. Chaque situation d'enfant est différente, et il est à souhaiter que peu d'enfants n'ai aucuns liens avec leurs parents, au contraire.
Si j'adopte cet enfant, cela n'altérera en rien la qualité de mon travail.
Ma capacité à donner et accompagner un autre enfant dans son placement sera la même.
En revanche, vis à vis de l'enfant adopté, mon comportement ne sera plus sous la réserve. Je pourrais lui offrir tout mon amour sans aucunes restrictions..
Merci pour les conseils et pour ta réponse si rapide. Cela me donne à réfléchir. Réglisse.